ÉPISODE 8

DE LA RESISTANCE AUX DEBARQUEMENTS

Contexte

Le début de l’année 1944 concrétise les espoirs nourris par les Alliés, partout dans le monde, de voir s’effondrer les forces de l’Axe.

Dans les territoires et pays occupés, au fil des années, des forces résistantes se sont peu à peu structurées pour en découdre avec l’occupant et le chasser définitivement.

A l’Est et dans les Balkans se sont les « partisans, » redoutables combattants, très souvent d’obédience communiste.

En Europe et notamment en France, ce sont des groupes très divers, entrés en résistance entre 1940 et 1944 qui se sont réunis en février 1944 sous la direction du général König pour former les FFI (forces françaises de l’intérieur), dont les FTP (francs-tireurs et partisans) font également partie.

Constitués en réseaux, les FFI vont jouer un rôle prépondérant dans la préparation et l’accomplissement des débarquements.

Par le renseignement, dirigé vers Londres, mais aussi par l’action armée contre l’occupant, ces groupes de FFI et FTP vont créer une insécurité permanente pour les troupes allemandes d’occupation.

Jean Moulin, homme de gauche, préfet d’Eure-et-Loir et républicain convaincu, est une figure emblématique de la Résistance.

Rejoignant De Gaulle à Londres en 1941, il sera chargé par ce dernier de réunir en zone libre les différents mouvements de résistants sous une seule et même bannière ; celle de la France combattante, celle du général de Gaulle.

 

En 1943 il crée le Conseil National de la Résistance, dont il assume la direction. Arrêté dans la banlieue lyonnaise à Caluire le 21 juin 1943, il sera torturé par la Gestapo, mais ne livrera aucune information et décèdera le 8 juillet près de Metz, dans l’un des wagons du train qui l’emmène en déportation vers l’Allemagne.

Afin d’aider la Résistance dans ses missions de renseignements et dans ses actions armées contre l’occupant Londres fait exécuter de nombreux parachutages d’armes, de munitions, de matériels de transmissions, de courrier, d’argent, de médicaments.

Dans de nombreuses régions françaises, des agents des services secrets, en lien avec les réseaux de résistance sont également parachutés ou déposés, la plupart du temps de nuit.

Le Chant des partisans est né à Londres en mai 1943 de la rencontre d’Anna Marly, chanteuse et compositrice française d’origine russe qui en a écrit la mélodie dès 1941 et des écrivains Joseph Kessel et Maurice Druon qui ont rédigé le texte définitif.

Imprimé Clandestinement afin d’être dispersé le plus largement possible en France occupée, le Chant des partisans s’impose rapidement comme l’hymne de la Résistance intérieure française.

Emetteur-récepteur valise du type 3 MKII de fabrication britannique et utilisé par la Résistance pour communiquer avec les services secrets Alliés.

Matériel de sabotage constitué de pains de plastic avec détonateurs et cordon électrique, destiné aux maquis de la Résistance et parachuté par Londres.

Maquisard résistant s’employant à saboter une ligne de chemin de fer.

Les actions de sabotage effectuées par la Résistance touchent principalement les voies de communication, les réseaux électriques et de téléphone, les ouvrages d’art utiles au chemin de fer ou aux transports routiers, ainsi que tout ce qui peut être utile à l’ennemi.

Toutes ces actions, sévèrement réprimées par Vichy et l’occupant, perturbent fortement les déplacements de troupes, mais aussi l’approvisionnement de ces mêmes troupes et font régner un sentiment d’insécurité permanent dans les rangs des collaborateurs et de l’occupant

Affiche éditée en 1944.

Tract ronéotypé dans les premiers mois de 1944 par le Front National, mouvement de résistance créé en 1941 par le parti communiste.

Sous la forme d’un faire-part mortuaire, il annonce la fin de l’hitlérisme et ordonne à tous les partisans de prendre les armes afin d’attaquer les forces vichyssoises représentées par la Milice et de chasser les Allemands.

L’offensive soviétique en Prusse Orientale au début de l’année 1944, avait suscité ces élans patriotiques, mais il faudra aux résistants attendre les débarquements sur les côtes de France avant que leurs ambitions ne se réalisent.

Editée par le Conseil Général en 1983, cette carte établit les nombreux secteurs et les actions de la Résistance dans le Var.

Alors quartier de la commune de la Môle, à la suite de l’invasion de la « Zone libre » en novembre 1942, le Rayol-Canadel va être successivement occupé par l’armée italienne jusqu’en septembre 1943, puis par l’armée allemande jusqu’en août 1944.

Durant l’occupation italienne, c’est la 2ème compagnie du 207e régiment d’infanterie de la division « Taro » qui est en charge de ce secteur et aucun événement marquant ne sanctionne cette période.

A la suite de l’Armistice du 8 septembre 1943 entre l’Italie du roi VictorEmmanuel III et les Alliés, l’occupation italienne cesse et ses troupes qui se trouvent dans le plus grand dénuement évacuent la région.

A partir du mois d’octobre, les allemands entreprennent d’occuper tout le littoral entre Menton et Perpignan.

Le secteur compris entre Anthéor et Bandol est confié à la 242e division d’Infanterie du général Johannes Baessler.

En février 1944, le IVe bataillon du 917e régiment de grenadiers de la 242e Division d’infanterie va occuper le secteur compris entre le Rayol et le Cap Nègre

Dans le secteur du Rayol-Canadel, le bataillon allemand qui comprend une grande proportion de supplétifs arméniens, installe son point d’appui principal au Cap Nègre qui est aménagé de nombreux dispositifs défensifs bétonnés ou non et de positions d’artillerie.

Plusieurs villas sont également réquisitionnées afin de loger les troupes qui représentent environ 700 hommes.

Si les hommes de troupe sont, pour la plupart, d’origine arménienne, l’encadrement est allemand.

Le Domaine du Rayol, que l’ingénieur et avionneur Henry Potez a acheté en 1939 et où il réside avec sa la famille, est également occupé par ces troupes commandées par le Feldwebel (adjudant) Kressler.

Un officier d’administration, le Sonderführer Pohrt est également présent au Domaine.

Sous la direction d’Abel Chirac, père de Jacques Chirac, futur président de la république, le Domaine accueille une équipe d’ingénieurs, de dessinateurs, de techniciens et les autres employés d’Henry Potez.

Parmi eux, deux hommes, Michel Goy et Etienne Gola qui seront respectivement élus premier et deuxième maires de la commune du RayolCanadel lorsque celle-ci verra le jour en 1949.

Contingent de volontaires arméniens la Wehrmacht arrivé en gare de Hyères en février 1944.

Ces volontaires du 4e bataillon du 917e régiment d’infanterie tiendront en garnison entre la Rayol et le cap Nègre.

La vie au village sous l’occupation allemande est beaucoup plus difficile que sous l’occupation italienne.

Les conditions imposées par le couvre-feu sont draconiennes et malheur à celui qui s’en écarte.

Cette occupation allemande rigoureuse, suscite chez quelques-uns des habitants des désirs d’action clandestine.

Ainsi, des contacts discrets avec la Résistance, notamment avec les responsables FTP de la Brigade des Maures qui couvre le secteur de Cavalière, des Murennes sur les hauteurs de la Môle, de St-Tropez et de SteMaxime (Alix Macario, Marius Gionghiglia et Marco Celebonovitch) vont s’établir, principalement autour de la fourniture de renseignements concernant les quelques défenses allemandes positionnées à proximité des plages et sur l’importance de la garnison.

Approchés par Michel Goy et Etienne Gola, les supplétifs arméniens du Domaine du Rayol donneront des indications précieuses quant à l’éventualité d’un débarquement américain dans leur secteur : «Wenn die Amerikaner landen, werden wir nicht poum poum».

On pourrait traduire cela par : « Si les Américains débarquaient, nous ne tirerions pas ».

Bien évidemment, l’information quant à la valeur combative incertaine de ces troupes sera transmise aux Alliés.

La granulométrie du sable des plages, la hauteur des marches du grand escalier, la situation des villas occupées, les réseaux défensifs, tous ces renseignements vont être fournis à la Résistance.

Ce n’est sans doute pas un hasard si un bombardement ciblé sur le Cap Nègre et le Rayol a eu lieu le 12 août et que le débarquement des Commandos d’Afrique, initialement prévu, devait avoir lieu sur la plage du Rayol et non au Canadel.

Maquisard des Forces Françaises de l’Intérieur armé d’un pistoletmitrailleur Sten 9mm de fabrication britannique

Brassard réglementaire d’identification, fabriqué à Alger et parachuté au printemps 1944 pour le maquis dans le Haut-Var