ÉPISODE 3
DE TOBROUK A BARBAROSSA
1941
Contexte
Rêves brisés italiens
Depuis la défaite de la France, la Grande Bretagne poursuit le combat contre les forces de l’Axe (Allemagne et Italie), notamment en Lybie où les Italiens lancent une offensive le 15 septembre 1940 contre les troupes britanniques stationnées, pour sa protection, en Egypte depuis 1936.
Pour les Italiens, l’objectif est de s’emparer du canal de Suez, mais ils n’y parviendront pas.
En septembre 1940, le Japon rejoint les forces de l’Axe et Mussolini, toujours avide de bâtir un nouvel « empire romain », regarde vers les Balkans et décide le 28 octobre, sans en informer Hitler, d’attaquer la Grèce (alliée de l’Angleterre) en traversant l’Albanie.
Débute alors, une « campagne calvaire » pour l’Armée italienne qui, mal préparée et mal équipée, va se heurter à une Armée grecque héroïque, qui va la bloquer en Albanie durant six mois.
En décembre, les britanniques attaquent à leur tour les forces italiennes dans le secteur de Sidi Barrani et leur infligent une cuisante défaite ; faisant plus de 38 000 prisonniers.
Le 22 Janvier 1941, les britanniques et les australiens s’emparent de la ville portuaire de Tobrouk. Sur tout le front de Cyrénaïque les troupes italiennes sont bousculées par la 8e Armée britannique.
En février, Hitler doit se résoudre à envoyer un corps expéditionnaire, le Deutsche Afrikakorps (45 000 hommes et 250 chars), commandé par le général Erwin Rommel, pour appuyer son allié italien qui, par ailleurs, est en proie à de grandes difficultés en Albanie face à l’Armée hellénique.
Soldats britanniques en poste dans le secteur de Tobrouk en janvier 1941.
Dans les Balkans
Hitler, qui a prévu secrètement une offensive majeure contre l’URSS et qui ne veut pas avoir à supporter un conflit sur les arrières de son offensive, lance le 6 avril l’opération « MARITA » qui va engloutir la Yougoslavie et la Grèce en moins d’un mois ; le 30 avril, le sort de ces deux pays est réglé.
Opération « MARITA » 6 avril – 30 avril 1941
A présent, Hitler peut à nouveau porter son regard vers l’Est, vers l’URSS et ses immenses ressources naturelles, objets de toutes ses convoitises.
BARBAROSSA
Le 22 juin 1941, sous le nom de code d’opération « BARBAROSSA », Hitler ordonne l’attaque de l’URSS, brisant de façon unilatérale le pacte germano-‐soviétique conclu avec son ancien allié soviétique deux ans plus tôt.
L’invasion de l’URSS par l’Armée allemande au cours de l’opération BARBAROSSA.
En dépit de l’effet de surprise de l’attaque du 22 juin qui va jouer en faveur des 3 700 000 soldats des forces de l’Axe engagés dans l’opération, face aux 3 000 000 de soldats de l’Armée rouge et sur un front de 1300 km, la progression allemande va peu à peu s’essouffler et marquer le pas, tant le territoire à conquérir est immense.
Finalement, au 5 décembre 1941, l’échec stratégique de l’Axe (Allemagne, Italie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Finlande) est patent ; les troupes sont bloquées partout sur le front et notamment pour la Wehrmacht à seulement 30 km de Moscou.
BARBAROSSA est la plus grande offensive terrestre de tous les temps et l’ouverture d’un immense front à l’Est, extrêmement vorace en hommes et matériels, aura des conséquences déterminantes sur les futurs succès des Alliés en Afrique, en Italie, dans les Balkans, en France puis dans l’Europe toute entière.
Panzer III Ausf. E au cours de l’opération BARBAROSSA.
D’une masse de 20 tonnes et armé d’un canon de 3,7 cm KwK 36 L/45, son blindage frontal de 30 mm se révèlera insuffisant face aux chars soviétiques T-34 et autres KV-1 et KV-2.
Servi par un équipage de 5 hommes son rôle principal est d’engager les blindés ennemis en association avec son grand frère le Panzer IV, davantage blindé et mieux armé.
Par la suite, il sera progressivement retiré des bataillons et régiments de chars de combat, remplacé par le Panzer IV.
Sa production cessera en 1943.
L’infanterie soviétique en progression avec deux chars T-34 76.
Grâce à son blindage, à son excellente mobilité et son canon de 76,2 mm, il offre un compromis idéal entre la protection de son équipage, la mobilité et la puissance de feu.
Il est considéré par les spécialistes comme l’un des meilleurs chars de la seconde guerre mondiale.
A la une du journal « Le Matin » du 23 juin 1941, l’attaque allemande contre l’URSS est vue comme la lutte de l’Europe contre le bolchevisme.
Cet argument politique sera repris tout au long de la guerre et permettra à l’Allemagne nazie de recruter des légions de volontaires dans au moins 21 pays, principalement en Europe de l’Est, dans les territoires occupés, y compris en France et en Belgique, mais aussi en Azerbaïdjan, en Arménie, en Géorgie, dans le Caucase, en Inde, et même en Grande-‐Bretagne et en Union soviétique.
Les estimations portent à 500 000 les volontaires étrangers ayant servis dans la Wehrmacht ou dans la Waffen-‐SS durant la Deuxième Guerre mondiale.
Affiche éditée en 1941 à la demande de l’occupant par l’imprimerie A. Bedos et Cie – Paris.
La propagande du Reich associe la plupart des pays d’Europe au combat de l’Allemagne contre L’URSS.
Hitler, imagine un espace européen, une alliance économique sous la domination de la « Grande Allemagne » qui unirait l’Europe danubienne et balkanique, celle du Nord ainsi que l’Italie et l’Espagne. Avant tout économique, cette vision du dictateur allemand devait permettre au Reich de contrer le blocus économique imposé par les Alliés et disposer ainsi d’un approvisionnement en matières premières indispensable à la poursuite de la guerre.
Au 31 juillet 1941, l’opération BARBAROSSA voit s’opposer près de 4 200 000 soldats de l’Axe et 3 310 000 soldats de l’Armée rouge.
Bousculée sur tout le front, l’Armée rouge va se trouver encerclées dans plusieurs poches, notamment à Bialystok-‐Minsk, Ouman et Smolensk. Ses pertes en soldats et matériels sont considérables.
Au cours de cette seule période, la Wehrmacht fera 813 000 prisonniers.
En chiffres :
FORCES ENGAGEES A LA FIN DE JUILLET 1941
Allemagne : 3 360 000 hommes
Roumanie : 325 000 hommes
Finlande : 302 000 hommes
Hongrie : 93 000 hommes
Italie : 62 000 hommes
Slovaquie : 52 000 hommes
Total : 4 195 000 hommes
URSS : 3 310 000 hommes
Entre le 22 juin et la fin décembre 1941 au cours de l’opération «BARBAROSSA», période pendant laquelle une dizaine de millions d’hommes s’affrontèrent, les pertes humaines sont estimées à 5 millions de personnes, militaires, civils, femmes et enfants, victimes des combats, mais aussi des exécutions de masse, des famines organisées, des exactions de toutes natures.
Six mois d’une guerre d’une violence inouïe entre les deux armées les plus puissantes de la planète et qui allait, par l’ouverture d’un nouveau front à l’Est, rebattre les cartes quant aux perspectives de victoire dans une guerre qui se révélait mondiale depuis l’attaque japonaise de la flotte américaine du Pacifique, à Pearl Harbor, le 7 décembre 1941.










