ÉPISODE 2
DE LA CAMPAGNE DE FRANCE À L’OCCUPATION ALLEMANDE
1940-1942
Contexte
Le 10 mai 1940 l’Allemagne lance une vaste offensive contre la Hollande, la Belgique et la France. Les divisons blindées allemandes en pointe de cette attaque, soutenues par les avions de la Luftwaffe et les opérations de commandos parachutistes, bousculent les défenses et obligent les armées alliées à un recul généralisé.
Surnommée Blitz Krieg (guerre éclair) cette nouvelle tactique de combat va se révéler foudroyante, puisque les armées hollandaise, belge, française et la BEF (British Expeditionary Force) incapables de s’y opposer, vont être laminées en moins d’un mois.
Déposés en planeurs le 10 mai 1940 vers 4h30 du matin sur les glacis du fort belge d’Eben-Emael qui protège au Nord les trois ponts enjambant le Canal Albert, les 86 parachutistes allemands du lieutenant Witzig vont s’emparer du fort et de sa garnison (1200 hommes).
Cet exploit fut rendu possible par l’effet de surprise, mais aussi grâce aux nombreuses erreurs de conception du fort qui favorisèrent les assaillants.
Le 11 mai, après une trentaine d’heures de combat, le fort tombe aux mains des Allemands, ainsi que deux des trois ponts sur le Canal Albert, demeurés intacts et capturés par d’autres parachutistes déposés en planeurs sur leurs objectifs ; l’offensive terrestre peut se poursuivre.
Le Panzer IV, char de 20 tonnes armé d’un canon de 7,5 cm KwK L/24, avec son équipage de cinq hommes et son blindage frontal de 30 mm, c’est le char le plus puissant que la Wehrmacht peut opposer aux chars français lors de la campagne de France.
Le char Renault B1bis est en 1940 le fleuron de l’Armée française. Bien que d’une conception « à l’ancienne », c’est le plus puissant des chars engagés dans les combats de mai et juin 1940.
Pesant 31,5 tonnes et servi par un équipage de 4 hommes, son blindage frontal est de 60 mm. Armé d’un canon de 75 mm sous casemate et d’un canon antichar de 47 mm en tourelle, il s’avère, en dépit d’une vitesse insuffisante, un redoutable adversaire pour les chars allemands.
A partir du 26 mai débute l’opération « DYNAMO » qui prévoit l’évacuation par la mer en direction de Douvres des troupes franco-britanniques confinées dans le réduit dunkerquois à la suite du « coup de faux » entre Sedan et Calais qui a permis la Wehrmacht de sectionner les armées alliées en deux.
Une flottille hétéroclite de 850 embarcations de toute nature permettra d’évacuer en neuf jours près de 339 000 hommes (britanniques, français et belges), laissant néanmoins 40 000 soldats français aux mains des allemands du général Küchler qui occupent Dunkerque le 4 juin.
Le 14 juin, la bataille de France est perdue même si, dans les Alpes et jusqu’à Menton, les troupes françaises résistent vaillamment aux assauts italiens depuis le 10 juin, jour de la déclaration de guerre de l’Italie fasciste de Benito Mussolini à la France.
Les Troupes de la Wehrmacht défilent sous l’Arc de triomphe de l’Etoile à Paris.
Le 17 juin, à Bordeaux, Philippe Pétain qui a été chargé la veille par le Président de la République Albert Lebrun de constituer un gouvernement dont il sera le président, s’adresse aux Allemands pour demander un arrêt des combats.
Le 17 juin, le général De Gaulle, ancien sous-secrétaire d’état à la Guerre et à la Défense Nationale entre le 6 et le 16 juin, s’envole depuis Bordeaux pour rejoindre Londres. Le 18, en tant que chef de la France Libre, et rejetant la demande d’armistice du maréchal Pétain, il lance au micro de la BBC, un appel solennel qui incite le peuple français à résister et à rejoindre les Forces Françaises libres qui viennent d’être constituées avec une poignée de volontaires ayant rejoint l’Angleterre.
Le 22 juin 1940, à Rethondes en forêt de Compiègne, la convention d’armistice est signée entre l’Allemagne et la France. Les signataires sont le maréchal Wilhelm Keitel représentant le Troisième Reich et le général Charles Huntzinger, représentant le gouvernement de Philippe Pétain, le dernier gouvernement de la Troisième République.
Affiche imprimée par Fallek à 1000 exemplaires à Londres dans la deuxième moitié de juillet 1940, elle sera placardée sur les murs des principales villes britanniques les 3 et 4 août 1940. Un second tirage, fait par Weiner à 10 000 exemplaires, sera placardé durant toute la guerre dans les mêmes conditions.
Le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain est investi des pleins pouvoirs constituants par l’Assemblée Nationale siégeant à Vichy. Le lendemain, il s’octroie le titre de « chef de l’Etat français ».
Commence alors la sombre et douloureuse période de l’occupation allemande dans une France coupée en deux par la ligne de démarcation et marquée par la collaboration du régime de Vichy avec l’Allemagne nazie.
Faussement appelée francisque, la hache à double fer des guerriers de la Grèce antique est initialement reprise pour symbole du Maréchal Pétain.
Progressivement, elle sera admise par le gouvernement de Vichy comme symbole de l’Etat Français. Un ordre de la francisque sera créé le 26 mai 1941.
Bien que les archives d’attribution de cet ordre ont été détruites, une estimation de la Haute Cour porte à 2626 le nombre d’ordres décernés.
La poignée de main de Montoire entre le Maréchal Pétain, chef de l’Etat Français et Adolf Hitler, chancelier du IIIe Reich allemand à Montoire sur le Loir, le 24 octobre 1940, fait entrer la France de Vichy dans le régime de la collaboration.
Bien qu’aucun compte rendu officiel n’ait été publié, Pétain déclara le 30 qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour la France, à présent partenaire de l’Allemagne dans le cadre d’un nouvel ordre européen, et qu’il entendait collaborer de manière sincère et que lui seul serait jugé responsable par l’histoire.
Pour les Français de l’époque, le Maréchal, comme ils aiment l’appeler, est auréolé du prestige du vainqueur de Verdun et nombreux sont ceux qui lui accorderont jusqu’à la fin une confiance aveugle
Conséquence de L’article 2 de la convention d’armistice signée le 22 juin 1940, dès le 25 juin, la France se trouve coupée en deux zones distinctes, l’une dite « zone occupée » par l’Armée allemande et l’autre dite « zone libre » administrée par la France sous l’autorité du gouvernement de Vichy.
Ces deux zones sont séparées par une « ligne de démarcation » qui nécessite un sauf-conduit pour être franchie dans un sens comme dans l’autre.
Cette situation va se poursuivre jusqu’au 8 novembre 1942, date de l’opération « TORCH » qui voit un débarquement anglo-américain réussi en Afrique du Nord qui est alors sous l’administration de Vichy.
Dès lors, les troupes allemandes et italiennes investissent la zone « libre » et occupent tout le territoire national.
La campagne de France en chiffre :
FORCES EN PRESENCE :
Alliés (France, Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Pologne, Luxembourg, Tchécoslovaquie)
3 300 000 hommes → 75 000 tués et disparus
Axe (Allemagne, Italie)
3 350 000 hommes → 46 700 tués et disparus


















