GALERIE DE PORTRAITS
Contexte
Le cirque Bouvet
C’est ainsi qu’avait été surnommé le groupe de commandos d’Afrique après la libération de Belfort.
Sans doute en raison du fonctionnement parfois marginal de cette unité d’élite qui s’était si magnifiquement battue pour libérer la ville.
Pour illustrer à la fois la valeur et la soif d’initiative de ses commandos, Bouvet confiera un jour à une personne qui s’effrayait d’apprendre que les hommes du groupe avaient été encerclés par les allemands dans les Vosges :
« Mais, Madame, des commandos qui ne sont pas encerclés, ce sont des cons ! »
« La vie du cirque » une des célèbres rubriques des cahiers de choc ; la première revue le liaison d’Afrique, puis du 3e groupement de bataillons de choc.
Capitaine DUCOURNAU, Commandant du 1er commando, puis du 5e bataillon de choc, avec le grade de commandant.
Couverture de la reliure des cahiers de choc de juin 1945 à novembre 1945.
On reconnait la grande stèle du Canadel qui venait tout juste d’être inaugurée officiellement pour le premier anniversaire du débarquement de Provence.
Lieutenant BIETTI, commandant la section de reconnaissance du 2e commando. Ancien du corps franc d’Afrique, il suivra son commandant après la victoire en Tunisie pour s’engager dans les commandos d’Afrique. Brillant officier, il menait ses hommes, non seulement avec hardiesse, mais avec un sens tactique des plus aiguisés.
Anecdote rapportée par le commando Robert Chiazzo :
Avant l’opération de Belfort, il prend le commandement de la section de reconnaissance du 2e commando à laquelle j’appartenais.
parmi ses hommes, il porte un casque modèle 35, comme la plupart des commandos, mais il est peint en blanc. Un de ses hommes l’interpelle : « mon lieutenant, pourquoi avez-vous un casque peint en blanc ?
Et avec cette couleur, vous risquez d’être pris pour cible par les Boches ! » et Bietti de répondre : « Ne t’occupe pas de la couleur de mon casque, je l’ai peint en blanc pour que vous ne me perdiez pas de vue et que vous me suiviez partout. Quant aux Boches, je m’en occupe. »
JACQUES TROLLEY DE PREVAUX
Né à Paris le 2 avril 1888, Jacques Trolley de Prévaux réussit le concours d’entrée à l’Ecole Navale en 1906.
Enseigne de vaisseau en 1911, il sert en 1914 sur le torpilleur d’escadre Chasseur.
En 1917 il est lieutenant de vaisseau affecté à l’aéronautique navale et suit une formation de pilotage des ballons dirigeables au centre de MarquiseRinxent dont il assure également le commandement jusqu’en 1919.
En 1920, il épouse Blandine Ollivier.
Capitaine de corvette en 1923 puis capitaine de frégate en 1928, il est attaché naval à Berlin de 1926 à 1930.
De 1934 à 1935 il commande la base aérienne de Rochefort.
Promu capitaine de vaisseau en 1937, il commande en 1938 le croiseur Duguay-Trouin basé à Toulon et rencontre Lotka Leitner qui deviendra sa seconde épouse.
En 1940, à la suite de l’armistice, il se trouve avec le Duguay-Trouin à Alexandrie.
Atteint d’une grave maladie ; il est rapatrié en novembre 1940 à Toulon. En 1941, il est nommé Président du Tribunal Maritime de Toulon.
Cette même année, il prend contact avec la Résistance, à Toulon, avec le réseau de renseignement franco-polonais « F2 ».
Mis en disponibilité par l’amiral Darlan du fait de ses sympathies gaullistes à la fin de l’année, il s’engage au « F2 » au début de l’année 1942 comme simple informateur sous le pseudonyme de Vox.
Il s’installe alors au Rayol, successivement dans la villa BINDER puis la CISAMPO.
Il fournit alors aux Alliés des informations de la plus haute importance, notamment lors de l’occupation germano-italienne de la zone Sud à partir de novembre 1942.
En reconnaissance des informations fournies à Londres, le Gouvernement britannique lui décerne en janvier 1943 la Distinguished Service Order.
Sollicité par Londres pour occuper d’importantes fonctions au sein de la France Libre, il préfère rester en France où il se trouve plus utile.
Ainsi en mai 1943, il prend la tête du réseau « Anne » (branche Méditerranée, Marseille- Toulon-Nice) du « F2 ».
Il fournit habilement aux Alliés des renseignements très importants sur les transports maritimes allemands pour l’Afrique, ainsi que sur les mouvements des unités aériennes, l’état des aérodromes, ainsi que les travaux de fortifications sur la côte.
Toutes ces précieuses informations seront très utiles lors de la préparation du futur débarquement de Provence.
Le 29 mars 1944, il est arrêté à Marseille par la Gestapo qui l’identifie comme chef de réseau, ainsi que sa femme Lotka, membre actif de ce même réseau.
Tous deux sont incarcérés à la prison des Baumettes puis transférés à la prison du fort Montluc à Lyon.
Malgré la torture, rien ne sera révélé et Jacques Trolley de Prévaux endossera la responsabilité exclusive des actions du réseau.
Le 19 août 1944, il est fusillé en compagnie de sa femme à Bron dans la banlieue lyonnaise.
En raison des services rendus, Jacques Trolley de Prévaux est nommé, le 16 avril 1945, contre-amiral avec effet rétroactif.
Son corps repose à la Nécropole Nationale de la Doua à Villeurbanne.
• Commandeur de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 18 janvier 1946
• Croix de Guerre 14/18
• Croix de Guerre 39/45
• Distinguished Service Order (GB)
• Virtuti Militari (Pologne)
De l’union de Jacques et de Lotka de Prévaux, naquit en juin 1943 une petite fille, Aude, qui ne découvrit que très tard l’histoire tragique de ses parents.
Elle en fit un récit émouvant dans l’ouvrage « Un amour dans la tempête de l’Histoire » publié en 1999.





















