ÉPISODE 12

LA POURSUITE, ET JUSQU’A LA FIN DE LA GUERRE !

Contexte

La réussite de l’Opération « DRAGOON » a dépassé toutes les prévisions les plus optimistes et la bataille de Normandie s’achève sur une défaite de la Wehrmacht dont les unités battent en retraite vers le Nord de la France.

Paris a été libéré et dans le sud, les forces franco-américaines remontent la vallée du Rhône tandis que les restes de la 19e armée allemande retraitent en direction des Vosges.

Le 12 septembre, la tenaille se referme sur les troupes allemandes lorsque des éléments de la 2e DB, débarqués en Normandie, font jonction à Nod-surSeine dans la Côte d’Or avec ceux débarqués en Provence.

Le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Centre de la France sont libérés.

Sur le front de l’Est, le rouleau compresseur soviétique avance inexorablement vers l’Allemagne, écrasant tout sur son passage.

Pour la Wehrmacht, l’offensive soviétique de l’été 1944 a empêché l’envoi de renforts vers la Normandie et la Provence, favorisant de ce fait la réussite des opérations de libération en France et à l’Ouest de l’Europe.

Carte de la situation militaire durant l’été 1944 qui met en évidence le rétrécissement des territoires encore occupés par l’Allemagne et son allié italien, la République Sociale italienne, fondée le 23 septembre 1943 par Benito Mussolini.

Mais la guerre n’est pas terminée pour autant et se poursuit aux Pays-Bas où, dans la deuxième moitié de septembre, engageant des troupes polonaises, britanniques et américaines dans une opération combinée aéroportée et terrestre, l’opération « MARKET GARDEN », le maréchal britannique Montgomery espérait pouvoir s’emparer des ponts qui franchissent les principales rivières en Hollande occupée, afin de pouvoir pénétrer directement avec des unités blindées dans le cœur industriel de l’Allemagne ; la Ruhr.

Ce sera un cuisant échec, sanctionné par la perte de près de 18 000 tués et blessés parmi les forces alliées engagées dans cette opération.

Le 17 septembre 1944 débute l’opération « MARKET GARDEN » qui voit se déployer aux Pays-Bas d’importantes forces aéroportées britanniques, américaines et polonaise afin de s’emparer des principaux ponts, dont celui d’Arnhem.

Les troupes aéroportées sont constituées de parachutistes et de soldats aérotransportés à bord de planeurs.

Sur ce document, ce sont plusieurs dizaines de planeurs qui jonchent la plaine hollandaise.

Chassées de France à l’exception de l’Alsace, les troupes de la Wehrmacht tentent de se rétablir en avant, le long de la ligne Siegfried, formée d’une succession de fortifications et de points d’appui établis le long de la frontière allemande avec les pays voisins, depuis la mer du Nord jusqu’à la rive droite du Rhin, entre l’Alsace et la Forêt-Noire.

Les combats vont également se poursuivre dans le Nord-Est de la France pour l’Armée B du général de Lattre de Tassigny et la 2e DB du général Leclerc qui, après avoir livré des combats victorieux en Lorraine, libère Strasbourg le 23 novembre en traversant par surprise les Vosges enneigées.

La 2e DB devra ensuite passer tout l’hiver à combattre les derniers allemands dans les Vosges et en Alsace.

Soldat français trainant un drapeau de guerre du Reich allemand, Reichskriegsflagge, après l’avoir décroché d’un édifice public.

Le serment fait à Koufra en 1941 a été tenu.

Le 23 novembre 1944, les couleurs françaises flottent à nouveau au sommet de la cathédrale de Strasbourg.

Sur la place Kléber, une prise d’arme se déroule trois jours plus tard et le général Leclerc passe en revue les troupes de sa 2e DB dont on voit, au premier plan, l’étendard du 12e régiment de cuirassiers.

Les soldats allemands en se retirant de leurs positions, laissent souvent derrière eux quantité de mines enterrées et divers pièges réalisés à partir d’engins explosifs dissimulés.

Pour débarrasser les zones minées et piégées, des soldats du génie, formés à cette très délicate et dangereuse mission, sont dotés du détecteur de mines américain SCR-625-C, mais ils font également usage de leur couteau ou de leur baïonnette pour tâtonner délicatement le terrain.

Après la fin de la guerre, les mines et les explosifs enterrés ou dissimulés durant les hostilités feront courir un danger mortel aux enfants, toujours curieux de découvertes.

Des prisonniers de guerre allemands seront employés, contraints et forcés à accomplir des opérations de déminages.

Affiche bilingue, destinée à sensibiliser les enfants wallons et flamants au danger de ramasser des armes de guerre et autres engins explosifs.

La contre-offensive allemande des Ardennes

Le 16 décembre 1944, une contre-offensive allemande se développe dans les Ardennes belges en direction des ponts sur la Meuse.

L’objectif de l’opération « WACHT AM RHEIN » voulue par Hitler, vise à reprendre le port d’Anvers que les Britanniques tiennent depuis le 4 septembre et tenter d’obtenir en cas de succès, une paix séparée avec les Alliés à l’Ouest ; ce dernier point étant totalement irréaliste.

Carte de la contre-offensive allemande du 16 décembre 1944 dans les Ardennes.

Durant cet hiver glacial 1944-1945, les combats, souvent très violents, vont opposer les soldats américains et allemands jusqu’au 20 janvier 1945.

A partir de cette date, l’opération est considérée comme un échec pour la Wehrmacht et ses troupes se replient au-delà de leurs lignes de départ.

En chiffres :

AMERICAINS
• 300 000 hommes seront engagés progressivement au cours de la bataille
• 15 000 tués
ALLEMANDS
• 250 000 hommes
• 15 000 tué

3 000 civils belges et luxembourgeois tués ou disparus

Une autre conséquence de l’échec de la contre-offensive allemande dans les Ardennes est que pour cette opération, de nombreuses unités et de grosses quantités de matériels ont été mobilisées par la Wehrmacht à l’Ouest et qu’à l’Est, l’Armée rouge, face à un front de plus en plus dégarni, peut alors lancer une vaste offensive au Nord des Carpates.

Cette offensive en Prusse-Orientale qui a pour nom « VISTULE-ODER » et qui débute le 12 janvier 1945, va conduire les soviétiques de Budapest à la mer Baltique, avec la prise de Königsberg début avril 1945. Les 2 600 000 hommes de l’Armée Rouge vont balayer les 580 000 soldats de la Wehrmacht et les 200 000 combattants du Volksturm, la milice populaire allemande levée par le régime nazi pour défendre le territoire allemand.

Les hommes constituant le Volksturm sont mobilisés à partir d’octobre 1944 parmi la population masculine allemande qui n’est pas sous les drapeaux.

Les effectifs de cette armée du peuple, principalement constituée de très jeunes garçons entre 15 et 16 ans et d’hommes âgés de 50 à 60 ans, devaient théoriquement atteindre 6 000 000 de combattants.

Du côté des alliés occidentaux, après la bataille des Ardennes, une large offensive va se développer partout en direction du territoire allemand.

Les britanniques et les canadiens à l’Ouest, les américains au Centre et les français à l’Est. La résistance allemande va se durcir dès lors que les troupes anglo-américaines vont pénétrer le territoire du Reich.

Entre le 1er et le 9 janvier 1945, une contre-offensive allemande limitée se développe en Alsace et en Lorraine, elle a pour nom opération « NORDWIND » et sera un nouvel échec pour la Wehrmacht.

Dans un même temps, la France est admise aux Nations Unies le 1er janvier.

YALTA

Du 4 au 11 février 1945, se tient une conférence cruciale à Yalta en Crimée, réunissant les dirigeants des Etats-Unis, de l’URSS et de la Grande-Bretagne.

La France n’est pas conviée à cette conférence car considérée encore comme quantité négligeable par l’URSS et les Etats-Unis.

Il n’en demeure pas moins que considérant la défaite de l’Allemagne nazie inéluctable, quatre zones d’occupation du territoire allemand par les forces alliées sont décidées et la France aura droit à la sienne.

D’autre part, une stratégie commune pour hâter la fin du conflit est adoptée, elle acte l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon.

Le grand gagnant des résolutions prises est l’URSS, d’autant que ses troupes ont investi Varsovie à la mi-janvier et ayant atteint le fleuve Oder le 6 février, rien ne peut plus s’opposer à ce qu’elles entrent les premières dans Berlin qui n’est plus qu’à une centaine de kilomètres.

Conférence de Yalta ou « le partage du monde ». Churchill, Roosevelt et Staline réunis à Yalta en Crimée afin de décider du sort de l’Europe et du monde, après la victoire sur l’Allemagne nazie et sur le Japon.

La SHOA

L’idéologie mortifère qu’est le nazisme, a conduit l’Allemagne et son peuple vers le crime et l’ignominie.

Pour tous les régimes totalitaires la vie humaine n’a que peu d’importance ; seule la cause, l’idéologie et la puissance obtenue par la contrainte ou l’adhésion du peuple sont au cœur des préoccupations des dictateurs.

Hitler, le fondateur du nazisme, exprimera dès 1925 dans son ouvrage Mein Kampf (mon combat) sa haine des Juifs, mais aussi de tous ceux qui ne correspondent pas à son concept racial d’aryanité.

Parvenu au pouvoir en janvier 1933, il ordonnera la déportation, puis l’extermination de toutes ces personnes, quel que soit leur âge ou leur sexe. La monstrueuse machine à exterminer mise en place par le régime nazi atteint le paroxysme de l’horreur lorsqu’en janvier 1942, la « solution finale » est adoptée par les dirigeants nazis lors de la conférence de Wannsee.

Par cet euphémisme, les nazis organisent en réalité un génocide, l’élimination systématique de tous les Juifs d’Europe, dont près de six millions perdront la vie dans les camps de la mort.

Seront également envoyés dans les camps de concentration des déportés politiques, des réfractaires et résistants, des handicapés mentaux ou physiques, des homosexuels et des asociaux.

Dans des wagons à bestiaux, les gardes SS entassent sans aucune humanité, les hommes, les femmes ou les enfants qui sont déportés vers les camps de concentration.

Il y a plusieurs types de camps. Des camps de concentration pour le travail utile au Reich, des camps d’extermination (exclusivement situés en Pologne) des camps d’internement et de transit (exclusivement en France) et des camps d’euthanasie (exclusivement en Allemagne et en Autriche).

Lorsque l’Armée rouge entre en Pologne, ses soldats découvrent l’horreur des camps d’extermination qui y ont été implantés. Treblinka, Sobibor, Belzec, Auschwitz, Chelmno, Maïdanek, autant de noms qui sont marqués à jamais du sceau de l’infamie pour les crimes contre l’humanité qui y ont été perpétrés par les nazis.

Cadavres de déportés entassés sur un charriot en attente d’être transportés vers les fours crématoires par d’autres détenus qui se préparent à subir le même sort.

L’avance des Alliés, tant à l’Est qu’à l’Ouest, permet la libération des prisonniers de ces camps.

Certains de ces prisonniers ne sont plus que des squelettes, des mortsvivants qui ne parviendront pas à survivre.

D’autres auront la chance d’être libérés à temps et pourront, après avoir reçu les soins nécessaires, regagner leur pays d’origine en conservant à jamais les séquelles de la déportation.

Pour ces déportés qui viennent d’être libérés par l’Armée rouge, l’espoir de retrouver leur liberté est devenu une réalité. Alors, ils laissent éclater leur joie après le terrible cauchemar qu’ils ont vécu.

Quoi de neuf à l’Ouest ?

Tandis que l’Armée rouge est aux portes de Berlin, les forces angloaméricaines et françaises poursuivent les combats dans leurs secteurs respectifs.

Les américains franchissent le Rhin à Remagen au Sud de Bonn le 7 mars 1945, encerclent le bassin industriel de la Ruhr et d’autres unités poussent vers le Sud en direction de Stuttgart.

Les canadiens ont libéré l’Est des Pays-Bas à la mi-avril et au même moment, les Britanniques franchissent l’Elbe.

Le 29 avril, ils parviennent à Wismar sur la mer Baltique.

La 7e Armée américaine et la 1re Armée française achèvent de nettoyer l’Alsace et des éléments franchissent le Rhin à la mi-avril.

Une rencontre symbolique entre les américains et les soviétiques a lieu à Torgau le 25 avril.

La tenaille constituée des forces alliées à l’Ouest et l’Armée rouge à l’Est venait de se refermer définitivement sur celles de la Wehrmacht.

Cette journée historique fut baptisée Elbe Day.

The Elbe Day, la rencontre entre les GI’s américains et les Frontoviki soviétiques à Torgau le 25 avril 1945

La bataille de Berlin

Le 16 avril 1945, les Soviétiques lancent leur ultime offensive sur Berlin.

Si de nombreux dignitaires du régime nazi se sont enfuis avant l’arrivée des Soviétiques, Hitler, Goebbels, Bormann et quelques fidèles subordonnés, tant civils que militaires, demeurent encore dans les galeries du bunker souterrain de la chancellerie.

De violents combats de rue se déroulent dans la ville.

Les ultimes défenseurs d’un Reich agonisant tirent leurs dernières cartouches, leurs dernières roquettes de Panzerfaust contre les blindés soviétiques qui sont dans Berlin.

La plupart des bâtiments officiels sont investis et la ville est en ruine. Le 30 avril, dans son bunker souterrain, Hitler se suicide en début d’aprèsmidi en compagnie de la femme qu’il vient d’épouser, Eva Braun.

La bataille de Berlin prend fin le 2 mai avec la reddition des derniers défenseurs.

Cette ultime bataille va causer la mort de près de 100 000 soldats allemands, de plus de 80 000 soviétiques et près de 22 000 civils berlinois.

Avril 1945, dernières opérations militaires en Allemagne.

KV-122, chars lourds soviétiques en colonnedevant la porte de Brandebourg à Berlin

Le 2 mai 1945, trois Frontoviki de la 150e division de fusiliers de l’Armée rouge dressent la bannière rouge en signe de victoire sur le haut du fronton du Reichstag à Berlin.

Dans Berlin dévasté, l’aigle à svastika, orgueilleux symbole d’un Reich allemand dominateur et conquérant, git au sol, aux pieds de deux Frontoviki de l’Armée rouge.

Affiche américaine évoquant la fin du IIIe Reich

La capitulation
Le 4 mai, des éléments de la 3e division d’infanterie américaine et de la 2e DB parviennent à Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises au Sud de Munich et investissent les résidences secondaires des dignitaires nazis Hitler, Göring et Bormann qui ont été bombardées le 25 avril et sont partiellement démolies.

Soldats de la 3e division d’infanterie américaine The Marne Division fêtant au champagne la défaite du IIIe Reich dans les ruines du Berghof, la maison de vacances d’Adolf Hitler.

Certains d’entre eux ont sans doute débarqué sur les plages de Cavalaire ou de Pampelonne au matin du 15 août 1944.

Le 7 mai 1945 à 2h15, la capitulation sans condition du IIIe Reich est signée une première fois à Reims et une seconde fois le 8 mai 1945 à 22h43 à Berlin en présence des représentants de l’URSS, des Etats-Unis, de la GrandeBretagne et de la France.

Le signataire allemand est le très rigide maréchal Keitel, qui, entrant dans la salle en claquant des talons, son bâton de maréchal à la main fit cette remarque à haute voix en apercevant le drapeau tricolore et le général de Lattre de Tassigny : « Ah ! il y a aussi des Français ! il ne manquait plus que cela ! ».

Keitel, comme de nombreux responsables nazis, sera condamné à mort pour crimes de guerre lors du procès de Nuremberg et exécuté par pendaison le 16 octobre 1946.

Une du journal Nord Eclair du 8 mai 1945.

Bilan humain

La capitulation du IIIe Reich, met fin à la guerre en Europe, mais en Asie et dans le Pacifique, il faudra attendre la capitulation du Japon, le 2 septembre 1945, pour que la Deuxième Guerre mondiale prenne fin.

Cette guerre fut le conflit le plus meurtrier de l’Histoire, avec plus de 60 millions de morts, toutes nations confondues, soit environ 2,5 % de la population mondiale de cette époque.

En nombre, les premières victimes sont les civils. On estime entre 37 000 000 et 45 000 000 le nombre de civils morts ou disparus durant le conflit.

En Europe, les pertes militaires des Alliés, toutes nations confondues, s’élèvent à presque 11 000 000 de tués ou disparus, tandis que les forces de l’Axe perdent un peu plus de 7 000 000 de tués ou disparus.

Le front de l’Est à lui seul compte près de 14 000 000 de tués ou disparus ce qui représente 78% des pertes militaires totales en Europe. 

Tankiste soviétique 1945

Soldat allemand 1945

LES COMMANDOS D’AFRIQUE, LA SUITE DE L’ÉPOPÉE

Contexte

Le groupe de commandos d’Afrique, placé en réserve de l’Armée B a passé quelques jours de repos au Lavandou, mais une nouvelle mission échoit aux hommes du lieutenant-colonel Bouvet.

Le 4 septembre, le groupe est envoyé à Marseille car la ville est en proie au désordre et à des règlements de comptes entre pseudos-résistants et habitants.

Le général ordonne donc la reprise en main de la ville et le rétablissement de l’ordre.

Les commandos vont donc s’acquitter de cette mission et en profiter pour recruter des volontaires parmi les FFI et FTP locaux.

Commandos de la section de mortiers du commando d’accompagnement à Marseille en septembre 1944. Accroupi à gauche, on reconnaît Pierre Velsch.

Les Vosges

Après un mois passé à Marseille, le groupe rejoint Salins-les-Bains en Franche-Comté au début du mois d’octobre.

Le 13, le groupe embarque à bord de camions Dodge et GMC qui les transportent vers Ferdrupt au pied des Vosges.

Le temps est exécrable, il pleut jour et nuit sans discontinuer, rendant les journées sombres, les nuits glaciales et la boue colle aux brodequins des hommes dont les uniformes de laine protègent mal des rigueurs du climat ; les hommes souffrent.

La mission du groupe est de s’infiltrer le 15 octobre dans la défense allemande du massif forestier au Ventron et à Cornimont, afin de la désorganiser et permettre aux blindés de la 1re DB de franchir le col d’Oderen entre la Moselotte et la Thur.

Pendant 8 jours, les commandos vont livrer un combat fait de coups de main successifs et d’actions de ruses qui va déstabiliser l’organisation défensive allemande et permettre la manœuvre des blindés français.

Mais le prix payé est lourd, le groupe, désengagé le 25, rejoint Salins-lesBains début novembre et déplore 92 tués et 370 blessés aux cours de ces combats dans les Vosges.

Le médecin auxiliaire Jean Plancke et son ordonnance marocaine Tim Kachine.

Photo prise lors de l’opération des VOSGES. Il pleut abondamment jour et nuit et la seule protection qui est offerte aux commandos est l’imperméable US ou la demi-toile de tente US portée en poncho.

BELFORT
L’opération de libération de BELFORT fait suite à une période d’entraînement intensif à Salins-les-Bains, pendant laquelle Bouvet et ses commandos ont célébré la Victoire de 1918 par une prise d’armes au monument aux morts de la ville et un office religieux.

Le 11 novembre 1944, Bouvet fait dire une messe pour les morts du groupe de commandos d’Afrique. Des sections des trois commandos de choc et du commando d’accompagnement sont présentes pour cet office religieux.

Salins-les-Bains le 11 novembre 1944. Photo souvenir d’une de sections de commandos avant la prise d’arme célébrant l’Armistice de 1918.

L’opération de libération de Belfort débute le 19 novembre par une approche depuis Chalonvillars en direction du fort du Salbert.

La neige qui recouvre toute la région rend la progression difficile et les allemands sont sur les dents.

Le 2e commando s’empare du fort du Salbert, puis descend sur Valdoie tandis que les autres commandos descendent sur Cravanches.

Après d’âpres combats, Belfort est libéré le 20 au soir.

Une fois encore les commandos ont réussi leur mission mais les pertes sont importantes, d’autant que les combats se poursuivent en dehors de la ville notamment au Bois d’Argot où le 3e commando subit de lourdes pertes.

L’opération de BELFORT aura coûté 41 tués aux commandos d’Afrique.

L’opération de libération de Belfort du 20 au 23 novembre 1944.

Carte dressée par le colonel Bouvet dans son ouvrage publié par Arthus Bertrand Paris Déposé. Les premiers exemplaires ont été livrés au lieutenant-colonel Bouvet à la fin de l’automne 1944.

Le nouvel insigne du groupe, une fabrication émaillée marquée au revers 1954 chez Berger-Levrault « Ouvriers de la première heure ».

Belfort a été libéré et les commandos de la section de mitrailleuses du commando d’accompagnement se font photographier à bord de leur jeep. A la mitrailleuse US calibre 30, le commando Charles LECA.

Belfort le 1er décembre 1944.
De gauche à droite : général de Lattre de Tassigny, général Devers commandant le 6th Army Group, lieutenant-colonel Bouvet.

Après la Libération de Belfort, le groupe va établir ses cantonnements à Giromagny à partir du 12 décembre.

L’entraînement se poursuit inlassablement pour les commandos auxquels se sont joints le groupe de commandos de Provence (Groupe de Courson) ainsi que le bataillon Désiré ; une unité de FFI parisiens.

Le 5 janvier 1945, le groupe de commandos d’Afrique forme le 5e bataillon de choc, commandé par le chef de bataillon Ducournau.

Le groupe de commandos de Provence devient le 6e bataillon de choc aux ordres du chef d’escadrons de Courson de Villeneuve.

Ces deux bataillons forment alors le 3e groupement de choc commandé par le lieutenant-colonel Bouvet.

Giromagny, décembre 1944, bénédiction du fanion du groupe de commandos de Provence, présenté par le chef d’escadrons de Courson de Villeneuve, commandant l’unité.

CERNAY

Le 21 janvier 1945 est un jour noir, il va être celui où le 3e groupement de choc de Bouvet aura le plus de pertes.

La mission des commandos consiste à s’emparer de Cernay et d’Uffholtz, puis à franchir la Thur de nuit et se rabattre sur les arrières de l’unité allemande qui défend le secteur.

Dès lors que les commandos occuperont cette position, ils seront pris en étau au milieu du dispositif allemand.

Le passage de la Thur doit avoir été préalablement ouvert le 20 janvier par les tirailleurs marocains de la 2e DIM.

Pour exécuter cette dangereuse mission, le groupement doit effectuer une approche de 40 kilomètres à pied depuis Giromagny dans la neige et la glace par – 20°C.

Bouvet ne sent pas l’affaire, d’autant que l’appui feu de l’artillerie et des blindés qu’il demande afin de protéger ses propres arrières ne lui est pas accordé.

20 janvier 1945 : La longue colonne des commandos s’étire depuis
Giromagny en direction de Cernay.

La neige et le froid intense accroissent considérablement les difficultés de déplacement des hommes du 3e groupement de choc du lieutenant-colonel Bouvet.

Cernay, 21 janvier 1945, les commandos s’apprêtent à effectuer leur mission d’infiltration dans les lignes allemandes.

Malgré l’échec des deux divisons marocaines engagées au matin du 20 janvier dans le secteur, l’ordre d’attaque du 3e groupement de choc est maintenue ; c’est une aberration totale.

Une succession de ratés vont transformer l’attaque de nuit en une attaque de jour avec, circonstance terriblement aggravante, les allemands développaient en même temps une contre-attaque, soutenue par des puissants chasseurs de chars Jadgpanther contre lesquels, aucun char allié ne pouvait se mesurer.

Après de violents et meurtriers combats, la journée s’achève sur un constat ; le coup de main des commandos est un échec, mais d’un autre côté, il a permis d’annihiler la contre-attaque allemande.

Le bilan cité par Bouvet pour cette journée du 21 janvier est très lourd ; 189 tués et 192 blessés.

Carte des combats de Cernay.

L’opération du Rhin

Après la douloureuse saignée de Cernay, les commandos rejoignent Giromagny.

Mais le 17 mars, une nouvelle mission les attend avec un coup de main sur le Rhin.

L’opération, préparée dans le plus grand secret, doit démontrer qu’il est possible de traverser le Rhin et de porter la guerre sur le sol allemand.

Le coup de main, effectué par un détachement d’une soixantaine d’hommes sous les ordres du capitaine Bonnard débute à 22h30 au niveau du barrage de Kembs.

Les hommes embarquent en silence dans les bateaux US de type M2 et s’enfoncent dans la nuit.

Une demi-heure plus tard, le détachement revient après avoir détruit deux casemates allemandes.

Un bateau a coulé, et il n’y a qu’un blessé du côté des commandos.

Preuve est donc apportée que le franchissement du Rhin est possible

Opération de franchissement du Rhin dans la nuit du 17 au 18 mars 1945, par les hommes du capitaine Bonnard à bord de bateaux à fond plat US de type M2.

En terre allemande

L’épopée des commandos d’Afrique se poursuit avec le passage du Rhin à Neuf-Brisach avec d’autres éléments de l’Armée française le 16 avril 1945.

A partir du 24 avril, le 3e groupement de choc va continuer le combat en Forêt-Noire afin de réduire les derniers nids de résistance tenus par les allemands.

Le 4 mai, après avoir parfaitement rempli leur mission, les commandos vont s’établir dans le secteur Nord du lac de Constance, autour de la petite bourgade d’Herdwangen.

Le 7 mai, dans l’après-midi, Bouvet apprend la capitulation allemande qui prendra effet le lendemain.

La Guerre est finie !

Il est long le chemin parcouru par les volontaires du groupe de commandos d’Afrique.

Un chemin jalonné par les sépultures des camarades tombés au combat pour que vive la France.

Une grande partie de ces hommes aux multiples origines ne connaissaient pas la France et pourtant, ils se sont engagés pour elle, pour la libérer.

Au-delà de leur sacrifice, les commandos étaient animés d’une indéfectible ardeur de vivre, même s’ils étaient durement entrainés pour combattre, ils n’en demeuraient pas moins des hommes

Merci à eux et honorons éternellement leur mémoire.

Extrait des cahiers de choc de juin 1945 illustrant l’itinéraire suivi par le groupe de commandos d’Afrique depuis l’Algérie jusqu’au lac de Constance en Allemagne.

Commando d’Afrique avec la tenue d’hiver, telle que celle portée lors des combats de l’hiver 1944 -1945

Soldat allemand en tenue d’hiver en zone enneigée. Cette tenue blanche offrait d’indéniables avantages de camouflage et de confort aux soldats allemands engagés dans les combats de Cernay, face aux commandos dont la tenue était en drap de laine kaki.