ÉPISODE 4
LA GUERRE DU DESERT

1942-1943

Contexte

Partout dans le monde, des forces armées s’opposent et l’issue des combats est très incertaine.

A l’Est, Moscou a résisté et aucune troupe du Reich n’a pu pénétrer dans la capitale soviétique.

Ce premier échec de la Wehrmacht a prouvé au monde que cette armée, lorsqu’elle ne peut mettre en œuvre sa « guerre éclair » n’est pas invincible.

Profitant de cette situation, les Soviétiques vont lancer leur première contreoffensive visant à repousser la Wehrmacht et reconquérir Smolensk et Vibetsk.

En marge des opérations militaires sur les différents fronts, ce début d’année 1942, après les pogroms à grande échelle qui se sont déroulés en Pologne, puis dans les pays baltes occupés par l’Armée allemande, voit se tenir la conférence secrète de Wannsee au cours de laquelle est planifiée la pire des abominations humaines : la Solution finale du problème juif en Europe.

Le plan élaboré par le SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich sur ordre de Göring, prévoit la déportation et l’extermination de tous les juifs d’Europe, leur nombre est alors estimé à 11 millions de personnes.

En Libye, les forces germano-italiennes poursuivent le combat contre la 8e Armée britannique et le 21 janvier, Rommel lance une nouvelle offensive qui contraindra les Britanniques à évacuer la quasi-totalité de la Cyrénaïque début février.

A la mi-mai, le « renard du désert » comme est surnommé Rommel, doit néanmoins abandonner l’espoir de prendre Gazala solidement tenue par les britanniques, notamment ceux de la 7e division blindée, surnommés les « rats du désert ».

Sur une piste caravanière au Sud-Est de Tengeder, Bir-Hakeim, petit fortin perdu au milieu du désert, est tenu par les Français de la 1re Brigade Française Libre du général König. Cette brigade va opposer une sérieuse résistance et infliger des pertes conséquentes à la division blindée italienne Ariete. La 1re BFL résistera jusqu’au 10 juin, avant d’évacuer, sur ordre, la position devenue intenable.

Opérations en Libye et en Egypte au cours de la phase initiale de conquête de la Cyrénaïque au printemps 1942 par les forces germano-italiennes. Cette conquête va connaître des succès et des échecs et conduire à la première bataille d’El Alamein en Egypte, qui va durer tout le mois de juillet 1942 et se soldera par une victoire stratégique de la 8e Armée britannique face aux forces germano-italiennes.

Secteur de Bir-Hakeim mai 1942.

Le général König, commandant la 1re Brigade Française Libre, entièrement équipée par le Royaume Uni, a établi un poste d’observation à bord de son véhicule de commandement Ford Utility, conduit par madame Susan Travers, surnommée « la Miss », britannique d’origine, elle est la seule femme engagée dans la légion étrangère, la 13e DBLE de la France libre.

Attaques du D.A.K. et des divisions italiennes dans le secteur de Bir-Hakeim à partir de la nuit du 26 au 27 mai 1942.

La prise de Tobrouk le 21 juin 1942 par les forces germano-italiennes est un cuisant revers pour les Britanniques qui, outre la perte de ce port d’importance ainsi que de nombreux matériels et approvisionnements, vont laisser plus de 30 000 prisonniers aux mains de l’Axe. Une aubaine pour Rommel, dont les unités du D.A.K. sont très démunies en matière d’approvisionnements. Quelque 2000 véhicules de la 8e Armée sont également saisis. Le 22, Rommel sera fait maréchal du Reich.

Secteur de Tobrouk en 1942. Le « renard du désert », Erwin Rommel et ses hommes du D.A.K. le Deutsches Afrika Korps formé le 19 février 1941.

La seconde bataille d’El-Alamein

A la suite de la première bataille d’EL-Alamein qui s’est déroulée entre les 1er et 27 juillet 1942 et s’est soldée par un échec stratégique pour Rommel, les germano-italiens n’ont pas perdu l’espoir d’atteindre Alexandrie en Egypte, étape importante sur la route du canal de Suez, véritable objectif stratégique de Rommel.

En effet, le contrôle du canal de Suez permettrait au Reich de compter sur un approvisionnement en matières premières et notamment en pétrole du golfe persique, objectif qui avait suscité l’enthousiasme et obtenu l’aval d’Hitler.

Les fortes chaleurs du mois d’août ne favorisant pas des opérations de grand style, chacun des adversaires fourbit ses armes et le 31 août, une nouvelle offensive de la Panzer-Armee Afrikal se développe en direction d’Alam el Halfa.

Les positions bien défendues par les soldats de la 8e Armée britannique vont résister aux assauts allemands et italiens. Cette ultime initiative du « renard du désert » sonne le glas des espoirs de conquête de l’Egypte.

Le 5 septembre marque la fin de la bataille d’Alam el Halfa.

Les pertes germano-italiennes sont lourdes, tant en hommes qu’en matériels.

Positions des unités de la 8e Armée britannique et de Panzer-Armee Afrika le 23 octobre, au début de la seconde bataille d’El Alamein.

En rouge, la ligne symbolise les champs de mines que les germano-italiens ont déployés en avant de leurs positions, entre la côte et la dépression de Qattara.

L’échec d’Alam el Halfa a conduit la Panzer-Armee Afrika à devoir constituer une solide ligne de défense entre la côte et la dépression de Qattara.

Longue de soixante kilomètres, cette ligne sera truffée de champs de mines.

Rommel dispose d’environ 95 000 hommes, 480 chars, 1200 canons et 650 avions.

La 8e Armée britannique, dont le nouveau commandant depuis le 15 août est le général Montgomery, dispose de 190 000 hommes, plus de 1000 chars, 2600 pièces d’artillerie et 750 avions.

Le rapport de force est donc très favorable à l’Armée britannique.

Le 23 octobre, à 21h40 les forces britanniques lancent l’attaque.

Après quatre jours d’intenses combats le front n’est toujours pas rompu et Montgomery fait redoubler les assauts, obligeant Rommel à puiser dans ses réserves.

Le 2 novembre, dans la nuit, un nouvel assaut de rupture, l’opération « SUPERCHARGE » est lancé par Montgomery, mais la Panzer-Armee Afrika résiste et le 4 à l’aube, la 51e division britannique perce enfin au Nord, permettant aux divisions blindées tenues en réserve de s’engouffrer dans la brèche.

La bataille est perdue, Rommel ordonne la retraite, laissant derrière lui 2 300 tués et 30 000 prisonniers.

Les pertes de la 8e Armée britanniques s’élèvent à 13 500 hommes dont près de 4200 tués.

Tous les rêves de conquête de Rommel sont définitivement perdus et la retraite de la Panzer-Armee Afrika va alors se poursuivre jusqu’en Tunisie.

Légionnaire de la 13e DBLE de la 1re Brigade Française Libre à Bir-Hakeim 1942

Soldat allemand de la PanzerArmee Afrika en 1942