Édito
Jean PLÉNAT,
Maire du Rayol-Canadel
sur Mer
SUPPLÉMENT SPÉCIAL
80ÈME ANNIVERSAIRE
DU DÉBARQUEMENT DE PROVENCE
Chères Rayolaises, chers Rayolais,
Il y a 80 ans maintenant, c’est sur la plage du Canadel et au Cap Nègre que tout commence pour l’Opération Dragoon dans la nuit du 14 au 15 Août.
Et c’est ici que notre nécropole honore les sépultures des premiers soldats tombés au champ d’honneur, dont notamment, l’Adjudant-Chef TEXIER.
Après que la BBC ait annoncé les messages tant attendus :
Nancy a le torticolis
Gaby va se coucher dans l’herbe
Et Le chasseur est affamé
L’incroyable armada de près de 2 000 navires change de cap à 22h et se dirige vers les côtes françaises.
C’est à la même heure que les 3 bâtiments de l’avant-garde qui avaient pris de l’avance, le Princess Béatrix, le Prince Albert et le Prince David stoppent leurs moteurs en face de notre rivage.
Les 600 commandos d’Afrique, tous français, quittent alors le bord et embarquent dans les chalands de débarquement.
C’est pour eux le début d’une gigantesque épopée durant laquelle ils vont ouvrir la route pour libérer Le Lavandou, Bormes, Hyères, Toulon et Marseille
Avant de se diriger sur Lyon, les Vosges et Belfort et finir en Allemagne au bord du Lac de Constance.
Ce sont ces « ouvriers de la première heure », comme les appelle leur Chef le Lieutenant-Colonel GeorgesRégis BOUVET, qui par leurs exploits vont permettre aux troupes françaises et américaines d’assurer la jonction le 12 septembre (moins d’un mois après le débarquement) des armées de Leclerq et de de Lattre de Tassigny qui symbolise la tenaille qui se referme sur les Allemands.
Hitler dira : « Le débarquement de Provence est le jour le plus sombre de ma vie ».
Mais revenons à notre histoire.
Parmi les Commandos débarqués à 22h du Prince David, le détachement du Capitaine Ducournau et les deux groupes de Texier et Du Bellocq se dirigent vers le Cap Nègre et la plage du Canadel.
De l’une de ces embarcations le commandant Rigaud prend un rubber boat à moteur électrique et se dirige silencieusement en éclaireur vers le Rayol.
A minuit trente il est le premier soldat des troupes alliées à poser le pied et fouler le sable du sol de France, sur la plage du Rayol.
Avec une émotion que lui-même décrit comme « indescriptible ».
A la même heure Texier aborde le Cap Nègre et commence l’escalade qui lui sera fatale. Il est le premier soldat des troupes alliées à mourir pour libérer sa patrie.
Ducournau à son tour escalade les 100 mètres du Cap Nègre avec ses 19 hommes. Après avoir coupé les barbelés qui entourent les 2 batteries allemandes le combat fait rage dans une pagaille indescriptible dans la nuit noire, les allemands tirent dans tous les sens, s’entretuent même parfois, et le tout fi ni en corps à corps. Successivement Pepion franchit les barrages et fait sauter les 2 batteries allemandes. A 1h53 les Commandos arrivent sur la plage du Canadel, les 600 hommes débarquent tour à tour. Parmi eux le Capitaine Thorel frappe à la porte de la gare, située exactement où a été construite la chapelle, pour demander à Antoine Pergola qui dormait là de les guider à travers le maquis et les lignes allemandes vers le Mont Biscarre ou le Colonel Bouvet et son aide de camp le Colonel Ruyssen vont installer leur PC.
C’est de là après la plage du Canadel et du Cap Nègre que partira toute cette épopée qui les conduira en Allemagne.
Le 15 Août à 10h le village du Rayol est le premier à être libéré par les soldats Français, à 15h c’est la commune de la Môle.
Durant cette première bataille les commandos comptent 11 tués et une cinquantaine de blessés et côté Allemand plus de 300 morts et 700 prisonniers.
Le Général O’Daniel commandant la 3ème Division d’Infanterie des forces US, très admiratif devant le résultat de ce groupe de choc, demande maintenant à Bouvet de continuer vers l’Ouest jusqu’à Marseille.
Après l’héroïque enlèvement des batteries de Mauvanne, le Général O’Daniel dira à Bouvet : « Colonel votre commando vaut plusieurs régiments d’infanterie ».
Dans les années 40, la France fi lle mère de l’église, est encore très catholique, et les cérémonies religieuses avec les aumôniers de l’armée précèdent souvent l’avancée des troupes et les batailles. Ce qui fut le cas tout au long du périple des Commandos.
C’est Bouvet, très croyant, qui, persuadé que la vierge Marie avait facilité le Débarquement des Commandos, prendra l’initiative pour faire construire cette chapelle en remerciements.
Dans les murs de cet édifi ce un document a été scellé racontant cette histoire.
Vous aurez compris à travers ce récit pourquoi notre village, si petit par ses dimensions, est grand par son rôle de pionnier et sa participation au Débarquement de Provence. C’est un lieu incontournable.
Après les premiers pas sur le sol de France et le premier mort, ce sont 400 000 hommes, dont 260 000 Français de l’armée B, qui vont reconquérir le sud de la France et permettre ainsi aux troupes de Normandie de sortir du piège de Falaise, et participer grandement à la capitulation Allemande et à la Victoire.
Si l’histoire a essentiellement retenu le Débarquement de Normandie avec son jour le plus long, le 14 août au soir les Commandos d’Afrique ont connu, eux, la nuit la plus longue, car ce n’est qu’à 18h que les troupes américaines les rejoignent.
Le Général de Gaulle qui connaissait bien cette page d’Histoire est venu au Canadel en 1964 la commémorer devant la stèle des commandos. La réussite de l’Opération Dragoon était pour lui la démonstration d’une armée Française reconstituée, d’une France qui retrouve son prestige et sa grandeur, et donne au Général une véritable légitimité politique.
Jacques Chirac en 1995, comme Président de la république fraîchement élu a assisté à cette commémoration. Ayant passé toute la guerre au Rayol, il a vécu de près les nombreux évènements sur la commune et a côtoyé le Général Brosset et le Colonel Bouvet.
Retrouvez dans ce supplément, via un chemin mémoriel en 13 épisodes, les grandes étapes de la Seconde Guerre mondiale et particulièrement sur l’épopée des Commandos d’Afrique qui par leurs actions ont grandement participé à la réussite du débarquement de Provence, à la libération de la France jusqu’à la victoire finale.
Jean Plénat
Un grand merci à Jean Patrick André, auteur du chemin mémoriel.
SOMMAIRE
EPISODE 1
DE LA CAMPAGNE DE POLOGNE À LA DRÔLE DE GUERRE 1939-1940
EPISODE 2
DE LA CAMPAGNE DE FRANCE À L’OCCUPATION ALLEMANDE 1940-1942
EPISODE 3
DE TOBROUK À BARBAROSSA
1941
EPISODE 4
LA GUERRE DU DÉSERT
1942-1943
EPISODE 5
1942-1943
LE BASCULEMENT
EPISODE 6
1943-1944
L’ARMÉE D’AFRIQUE, RENAÎTRE POUR L’HONNEUR ET LA VICTOIRE
EPISODE 7
LE GROUPE DE
COMMANDOS D’AFRIQUE
EPISODE 8
DE LA RÉSISTANCE AUX
DÉBARQUEMENTS
EPISODE 9
D’OVERLORD À
DRAGOON
EPISODE 10
OPÉRATION DRAGOON
EPISODE 11
COMMANDOS
D’AFRIQUE, L’ÉPOPÉE
EPISODE 12
LA POURSUITE, ET
JUSQU’À LA FIN DE LA
GUERRE
EPISODE 13
LES ARTISANS DE LA
VICTOIRE